Franck Confino et Benjamin Teitgen ont publié Le guide de la communication publique numérique chez Territorial Editions. Extrait ci-dessous de leur interview écrite croisée que Le communicant itinérant publiera à la rentrée.
L’IA transforme-t-elle la façon de faire de la communication publique numérique ? Modifie-t-elle les méthodes, les contenus et les métiers ?
Oui, franchement. L’IA générative accélère déjà les chaînes de production : rédaction assistée, déclinaison de formats, traduction, sous titrage, aide à la modération. Un vrai gain de temps sur des tâches chronophages, quand on sait qu’un CM peut recevoir des centaines de messages par jour.
Mais encore faut-il la maîtriser ce qui est loin d’être le cas général et, dans le public, l’IA ne se pense pas sans garde fous. La validation humaine reste la règle, pas l’option : on parle d’argent public, de RGPD, de responsabilité juridique. Une IA qui hallucine un chiffre dans une communication institutionnelle, ce n’est pas une anecdote, c’est une faute. D’où la nécessité d’une charte d’usage et d’un principe de vérification systématique.
Sur les métiers, elle augmente les rôles sans remplacer ce qui en fait le cœur : l’empathie, le jugement, la connaissance fine du contexte local, la capacité à incarner. La vraie question n’est pas « l’IA va t elle supprimer des postes ? » mais « saurons-nous former les agents à la piloter avec discernement ? ». Une affaire de culture et de formation avant d’être une affaire de technologie.

