Les institutions publiques réalisent de nombreux portraits. On en trouve notamment sur leurs sites internet et intranet, dans leurs magazines internes et externes, dans leurs trombinoscopes ou encore dans leurs campagnes de communication notamment audiovisuelles. Le portrait est un genre informatif qui vient enrichir l’arsenal éditorial composé notamment de l’interview, du reportage ou du dossier.
Un portrait, c’est ce qui est mis en avant, extrait de l’individu portraituré comme l’indique Louis Marin dans son célèbre ouvrage De la représentation. Historiquement, il y a d’abord eu les portraits en peinture, puis les portraits dans les journaux papiers. On passa du portrait des grands hommes au portrait de l’homme du jour qui permet de raconter un temps collectif par le filtre individuel. C’est ce qu’explique Adeline Wrona, Professeure à la Sorbonne, au Celsa, et auteure de l’ouvrage Face au portrait, de Sainte-Beuve à Facebook. C’est la même dynamique qui irrigue la réalisation des portraits en communication publique. Tous les agents peuvent, un jour, être l’objet d’un portrait, qu’ils soient en haut ou en bas de la hiérarchie administrative.
Le portrait renforce la légitimité de la personne portraiturée. Le fonctionnaire portraituré a une fonction d’emblème, il incarne, il raconte le collectif. En communication publique, réaliser un portrait permet de faire connaître un métier, montrer un quotidien professionnel, humaniser une fonction, valoriser un service et une mission, fédérer les personnes occupant le même type de fonction. Parfois, le portrait permet également de mettre en lumière le talent d’un fonctionnaire en dehors de son temps de travail. Un talent artistique ou sportif qu’il met en œuvre dans sa vie privée. Ce type de portrait est beaucoup plus rare et doit, d’après-moi, le rester.
Pour que le portrait du fonctionnaire soit réussi, je pense qu’il est essentiel de rappeler qu’un portrait n’est pas une écriture dialoguée mais le récit d’une rencontre. La personne réalisant le portrait doit donc manifester sa présence dans le portrait. Je préconise également de réaliser plusieurs portraits pour illustrer une même profession afin d’avoir plusieurs regards, plusieurs points de vue et mieux embrasser la totalité des missions. Enfin, pour les trombinoscopes, je conseille que tous les fonctionnaires, peu importe leur niveau hiérarchique, soient photographiés au même endroit, dans la même position, avec le même fond d’image derrière eux. Cela permet de consolider l’esprit d’équipe et de renforcer le sentiment d’appartenance.
Damien ARNAUD – janvier 2026
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