Décryptage des imaginaires en communication publique : « les communicants publics doivent aider les personnalités politiques à les décoder »

Chaque structure publique a une âme, un imaginaire propre, une façon de s’approprier le réel. Un imaginaire, c’est l’univers créé, produit, construit par l’imagination. Il faut donc distinguer « imaginaire » et « imagination ». Si l’imagination s’ancre plutôt au niveau de l’individu, comme une capacité personnelle, l’imaginaire, au contraire, aurait une dimension collective. Elle serait le substrat de la vie mentale, une dimension constitutive de l’humanité. Le philosophe Gilbert Durand, qui a réhabilité cette notion d’imaginaire, rappelait d’ailleurs que « l’on pense en images ».

Une région, un département, une ville, un ministère, un hôpital… renvoie, chacun, à un imaginaire propre qui s’exprime à travers différentes représentations : artistiques, culturelles, médiatiques, télévisuelles, sociales, politiques, historiques ou encore géographiques. Connaître le ou les imaginaires et les différentes représentations de sa structure publique est indispensable pour un responsable politique. Cela lui permet, dans ses prises de parole, dans ses discours, dans la structuration de ses projets politiques, de s’appuyer et de mobiliser le ou les imaginaires de sa structure publique. Comme une expression populaire, cela lui permet de créer de la proximité et de la complicité avec ses interlocuteurs, de faire sens commun. Ce qu’il faut éviter, c’est qu’il y ait un décalage entre le ou les imaginaires des citoyens et celui ou ceux développés par le responsable politique. Dans le cas où l’imaginaire véhicule une image négative, le responsable politique doit parvenir à le déconstruire et à en reconstruire un qui exprime une image positive.

Par rapport à ce ou ces imaginaires, quel peut être le rôle du communicant public ? Le communicant public, en poste depuis longtemps et qui connaît le ou les imaginaires de sa structure publique et les différentes représentations, peut, voire doit, aider le responsable politique à décrypter ces imaginaires. C’est ce qu’explique dans une interview de 2012 l’essayiste Stéphane Rozès, qui d’après les médias prépare actuellement un ouvrage, chez Gallimard, sur « l’imaginaire français ». Néanmoins, dans la plupart des formations en communication, on apprend à maîtriser les outils et non la perception, la compréhension et l’analyse des imaginaires.

Damien ARNAUD

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